
Ma première voiture fut une Volkswagen Polo L vert olive AM 1977. Pourquoi L ? L comme luxe... L'indépendance, les sorties nocturnes du week-end entre potes
et les grosses conneries au retour, engendrées par une consommation excessive d'alcool... Deux anecdotes à ce propos.
La première me rappele un épisode douloureux de ma vie de jeune adulte insouciant. Comme tout jeune mâle qui se respecte, aussitôt le permis en poche, je me pris ipso facto pour
Schumacher. Sauf qu'à l'époque, au tout début des années 90, personne ne connaissait Schumacher. Alors je me prenais pour Vatanen, le pilote de rallye qui faisait des malheurs en Peugeot 205
turbo 16. Malheureusement pour ma voiture, je n'avais ni son talent, ni son expérience, et les bosses et autres rayures eurent vite fait de fleurir ses ailes au grand dam de mon père...
Tous les week-end, le rituel était le même. En rentrant le samedi soir, ou plutôt le dimanche matin, il me revenait de dissimuler tant que faire ce peut au courroux paternel les traces de mes
excès de conduite. Quelques heures plus tard, c'était au tour de mon père de faire passer à ma voiture la traditionnelle visite d'inspection afin de trouver matière à m'engueuler dès mon réveil.
A ce jeu-là, j'étais vite devenu un expert dans l'art de la dissimulation carrossière.
Sauf qu'un soir, même le grand expert que j'étais devenu n'y put rien. En effet, alors que nous rentrions chez nous après un enième samedi soir bien arrosé, nous décidâmes de faire une halte dans
une soirée privée sur le chemin du retour. Je garai ma voiture sans trop y prêter attention. Une dizaine de minutes plus tard, nous repartîmes. Un excès de testostérone et l'attroupement de mâles
qui s'était formé à notre départ me poussa bizaremment à faire une marche arrière sur les chapeaux de route non sans avoir fait crisser mes pneus... "Hihihiiiiiiiiiii.... Poum !" Ben
oui, un méchant arbre que je n'avais pas du tout vu avait eu cette idée totalement farfelue de pousser juste derrière ma voiture. Vexé, je tentai bien de garder un minimum de contenance devant
toutes mes potes autour de ma voiture et je restai stoïque face à leurs éclats de rire en découvrant les dégats.
S'il n'y avait eu que ça à supporter... Sauf qu'il me restait encore à déposer respectivement les 4 potes qui se trouvaient encore dans ma voiture. Et quatre fois de suite, il se passa la même
chose :
- Le pote sortit de ma voiture,
- Le pote se dirigea immédiatement à l'arrière de mon véhicule afin de constater les dommages,
- La main droite de mon pote se positionna devant sa bouche tandis qu'il secouait allègrement la main gauche de haut en bas,
- Les deux mains de mon pote se posèrent chacune sur un genou et au même moment, il partit dans un grand éclat de rire,
- Je restai au volant de ma voiture et repartais, la mine de plus en plus déconfite au fur et à mesure que la voiture se vidait...
Quatre fois, c'est très long en fait...
Enfin arrivé devant chez moi, seul, je coupai le contact et sortis de mon véhicule. Et lorsque je découvris alors l'étendue de ma connerie, je restai planté là pendant au moins 10 minutes. Puis,
je dûs admettre, le coeur gros, qu'il mettait totalement impossible de dissimuler à la perspicacité paternelle l'énorme renfoncement de 10 centimètres visible en plein milieu de mon coffre
arrière et figurant très clairement l'arbre maudit qui avait eu le malheur de me refuser la priorité.
Je vous laisse imaginer la gueulante qui fut poussée par mon si cher papounet le dimanche matin, avant même mon réveil. Quoique, non, vous ne pouvez même pas l'imaginer...
La seconde fut mon dramatique pour mon réveil. Même voiture et mêmes potes à l'intérieur. Retour de soirée arrosée dans la bonne humeur, sauf que la pénurie d'essence dans mon réservoir
m'obligea à passer dans une station-service en libre-service. Encore pris dans la bonne ambiance qui règnait dans mon véhciule, j'en sortis et fis le plein non sans plaisanter et vanner mes potes
restés à l'intérieur. Après avoir repris ma CB, je remontai dans mon véhicule, mis le contact et, poussé par le même excès de téstostérone que celui cité plus haut, j'appuyai un grand coup sur
l'accélérateur, histoire de refaire crisser mes pneus (Oui, je le confesse, j'adorais faire ça...) "Hihihiiiiiiii... Schhhhdoing... Schtackkkk !" A peine ma voiture avait-elle avancée de
10 mètres qu'elle se retrouva catapultée d'un coup d'un seul en arrière sur 20 bons mètres...
Ben oui, j'avais malencontrueusement (et tout aussi incompréhensiblement, je l'admet bien volontiers) omis de retirer de mon réservoir le tuyau d'essence, qui avait fait fonction d'élastique
et/ou de catapulte, ce que je laisse à votre seule appréciation...