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Histoires de foot

Lundi 21 juillet 2008

http://www.francofoot.net/images/photo/matthaus.jpgJ’aurais pu aimer Lothar Matthaüs. Avec ses 150 sélections sélections nationales, son record absolu de 25 matchs disputés en Coupe du monde lors de 5 phases finales, avec son Ballon d’or 1990 et ses titres en pagaille. J’aurais même pu l’admirer. Mais je n’aime pas Lothar Matthaüs.
Par Bruno GODARD

Pourtant, il ne m’a rien fait. Il est moins grand et moins beau que moi. Je ne l’ai pas surpris avec ma femme… Non, Lothar Matthaüs a fait bien pire…Il était assis sur le banc de l’équipe d’Allemagne, le 8 juillet 1982, ce jour maudit et béni où je suis né et mort sur la pelouse de Séville. Ce jour-là, il n’a pas joué, mais il était là. Dans l’armée des méchants. Il appartenait à ce groupe de barbares qui a tué Dieu, Jésus et ses apôtres. Dieu, c’était Platini. Jésus, c’était Batiston et les apôtres, Lopez, Amoros, Trésor, Giresse et les autres.

Alors, je ne peux que souhaiter du mal à Lothar Matthaüs. Car je ne peux pas m’empêcher de penser que ce type à manger à la même table de l’ignoble Horst Hrubesch. Je n’arrive pas à oublier que Lothar a pris des douches avec l’immonde Schumacher, qui a tenté d’assassiner Battiston. Chaque fois que je vois Matthaüs, je pense à Didier Six. Rien que pour ça, je pourrais le tuer. Et je serais acquitté par n’importe quel jury populaire…

Aujourd’hui encore, Lothar et ses sbires m’empêchent de vivre normalement. Enfant, à cause d’eux, je n’ai pas pris allemand en deuxième langue. Du coup, je n’ai jamais été dans la classe de Claire Belcourt, la plus belle fille du collège. Plus tard, ils m’ont empêché de basculer dans la frénésie sexuelle avec les jeunes Teutonnes que je rencontrais. Au début, je les trouvais belles. Et puis la seconde d’après, je trouvais qu’elles avaient le front large de Hrubesch et la moustache naissante de Stielike…

Je devrais être raisonnable maintenant. J’ai fait ma vie. J’ai connu des tas de fille, Claire Belcourt doit être flétrie. Je devrais penser au rapprochement franco-allemand, passer à autre chose. Me dire que Matthaüs n’avait que 21 ans, qu’il n’a rien fait de mal ce pour-là. Mais voilà, je n’y arrive pas…

Tu sais Lothar, si un jour je te croise, tu prendras pour tous les autres. C’est toi qui paieras. Je te casserai les dents. En prenant mon élan et en te mettant un bon coup de hanche dans la tête comme l’a fait ton camarade Harald. Je pourrais enfin commencer ma vie, puisqu’elle aura eu un sens. Je serais celui qui a vengé les enfants de Séville…

Tiré de "L'Optimum"
Par boogie
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Lundi 21 juillet 2008

http://www.racingstub.com/photo.php?folder=/Joueurs/B/132&file=bi...http://www.racingstub.com/photo.php?folder=/Staff/G/2&file=Gress....

Je travaille avec une figure légendaire du Racing Club de Strasbourg, à l'origine de l'exploit le plus retentissant qu'ait accomplit le club sur la scène européenne. Malheureusement, cette figure est totalement trop méconnue du grand public. Il était temps, 27 ans après, de la réhabiliter enfin. Il s'agit de Christian S. Interview-révélation.


Boogie :

Alors Christian, raconte-nous donc en quoi tu es une figure légendaire de notre si cher Racing…

Christian : Bon, ben rentrons dans le vif du sujet. La victoire du Racing contre le Dukla Prague le 07/11/1979 et la qualification pour les ¼ de finale de la coupe d’Europe des clubs champions, c’est grâce à moi !

Boogie : Euh, comment ça… Tu t’étais déguisé en Decastel ou quoi ?

Christian : (rires) Non, pas vraiment, même si ce soir là, j’étais bien présent au stade de la Meinau. A l’époque, j’avais une vingtaine d’année et j’étais pion au lycée Couffignal de Strasbourg, qui se trouve tout juste à coté de la Meinau, que je fréquentais donc assidûment.

Boogie : Ok, mais revenons donc à ce match.

Christian : Bien sûr… Bon, il faut bien évidemment le resituer dans son contexte. D’abord, sur le plan sportif, le Racing s’était incliné au match aller à Prague sur la plus petite des marges, 1-0, et le Racing se devait absolument de l’emporter 2-0 sans prendre de buts pour se qualifier. Ensuite, sur le plan de l’anecdote, il faut se rappeler que le Racing venait d’être sacré pour la première fois de son histoire champion de France, avec à sa tête un certain Gilbert Gress. Afin de défendre ce titre la saison suivante, le président du Racing, André Bord, avait frappé un grand coup sur le marché des transferts. Il avait en effet réussi à recruter le goleador Carlos Bianchi, meilleur buteur du champion de France à l’époque. Malheureusement pour Carlos, il avait été recruté contre l’avis de Gress, qui le pris très vite en grippe, et ne le fit jouer que par intermitence. Il est vrai que Gress n’a jamais aimé les « stars ». La seule « star, » ça devait être lui… Et Carlos le paya au prix fort, malgré l’incompréhension d’une partie du public strasbourgeois, d’autant plus que les résultats sportifs, sans être catastrophiques, restaient moyens pour le champion de France en titre. La veille du Match contre le Dukla, le Racing ne pointait qu’à la 6ème place du Classement, loin des ambitions affichées en début de saison de conserver le titre.

Boogie : Revenons à ce match justement.

Christian : Oui, tu as raison. Donc ce soir là, Bianchi était bien évidemment sur le banc au début du match… Le Racing se devait de marquer au moins un but pour arracher les prolongations et garder un espoir de qualification. Las, le Dukla se contenta de défendre et résista fort bien aux assauts timorés des bleus. Il est vrai que les consignes que Gress avait passé dans les vestiaires étaient de ne pas se jeter en avant la fleur au fusil, mais plutôt d’éviter de se prendre un but assassin qui compromettrait tout. Bref, au bout d’une heure de jeu, le Racing n’avait toujours pas trouvé de solution pour marquer ce petit but. Le public de la Meinau commençait à s’impatienter, d’autant plus que l’un des meilleurs buteurs en activité en Europe se morfondait sur le banc de touche du Racing. N’en tenant plus, je décidais de réagir et je me mis à réclamer l’entrée en jeu de Bianchi en meuglant des « Bianchi !» tonitruants. Très vite, je réussis à contaminer toute la tribune dans laquelle je me trouvais, et qui reprit donc en cœur mon fameux « Bianchi ! ». Et au bout de quelques secondes seulement, c’est toute la Meinau qui hurla comme un seul homme son désir de voir enfin l’argentin faire son apparition sur le terrain.

Boogie : Et il entra donc en jeu.

Christian : Tout à fait. Gress céda à la pression populaire. Il remplaca Joël Tanter par Carlos Bianchi. Et environ cinq minutes plus tard, le même Carlos fit la différence sur son côté et donna, telle une offrande, la balle du premier but à Francis Piasecki. Ca y était. Le Racing était sur le point d’accrocher au minimum la prolongation. Tout le monde connait la suite. La Racing poussa durant ses prolongations, soutenu par une Meinau chauffée à blanc, et Decastel marqua le but de la délivrance à deux minutes de la fin. Le Racing était en ¼ de finale de la Coupe d’Europe des clubs champions !

Boogie : Grâce à toi, en quelque sorte…

Christian : (il rougit) Oui, on peut le dire. D’ailleurs, les gens autour de moi dans la tribune ne s’y trompèrent guère et je dûs faire face à plus d’une accolade, et tout ça dans un esprit bon enfant. Que des bons souvenirs…

Boogie : Merci Christian. Pour cette interview. Mais aussi et surtout pour ce petit coup de pouce au destin.

Pour en savoir plus :

- 7 novembre 1979 : RCS - Dukla Prague par schlesier;

- Divorce à l'alsacienne (André Bord/Gilbert Gress) par aragon .
Par boogie
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Lundi 21 juillet 2008

http://www.racingstub.com/blogs/b/boogie/photos/equipe-a7034_thumb.jpgC'est l'histoire de mon père, obscur joueur de foot amateur du FC Kronenbourg, qui a eu la particularité d'avoir comme cousins deux footballeurs hors du commun, Gérard et Hubert Hausser.


Le premier, Gérard, a fait une jolie carrière de joueur professionnel qu'il débuta au Racing Club de Strasbourg, avec lequel il remporta la coupe de France 1966. L'été suivant, il fut même sélectionné en équipe de France et participa à la coupe du monde qui se déroulait en Angleterre. Il y marqua contre le Mexique l'un des deux buts français de la compétition. Il joua ensuite une saison en Bundesliga, au Karlsruher SC, avant de rejoindre pour trois ans le FC Metz (Hé oui...). Il revint ensuite au Racing entre 1971 et 1974, où il mit un terme à sa carrière profesionnelle. Et nul ne sait ce qui serait advenu de Gérard si celui-ci avait cédé aux sirènes milanaises qui l'avaient sollicitées après une prestation convaincante qui permis au Racing d'éliminer le grand Milan AC lors de la coupe des villes de Foire en 1964 ?

Le second, Hubert, ne joua que 2 matchs avec le statut de joueur professionnel au Racing lors de la saison 1959/1960. Ensuite, il se blessa au genou et privilégia sa carrière professionel en marchant dans les pas du promoteur immobilier Emile Stahl, et fit une jolie carrière amateur au sein des Pierrots Vauban, le club cher au coeur de son patron. Il y obtint deux titres de champion de France de CFA et fut sélectionné à de nombreuses reprises en équipe de France amateur.

Mais que vient donc faire mon père dans cette histoire, mise à part ce lien de famille ? Il convient de savoir qu'à l'époque, les mondes des football amateur et professionnel étaient bien moins cloisonnés qu'à l'heure actuelle. Et il arrivait souvent que les deux mondes se mélangent allégrement lors de l'inter-saison pour disputer des matchs qui n'avaient d'amicaux que le nom.

En effet, les restaurateurs des petits villages alsaciens n'hésitaient pas à contacter quelques joueurs professionnels afin de monter de vrais matchs exhibitions, pour lesquels ils étaient grassement rémunérés et qui avaient pour seul but d'attirer un public qui se déplacait en nombre pour l'occasion.

Les frères Hausser étaient régulièrement sollicités à ce titre, et faisaient tout aussi régulièrement appel à mon père afin de compléter leur équipe.

Sur la photo ci-jointe, prise à l'été 1968, figure donc les frères Hausser (Gérard est debout, à gauche du gardien; et Hubert est le second accroupi en partant de la gauche) accompagnés de mon père (debout, à l'extrême gauche).

Mais ce jour là, outre la présence des frères Hausser, cette équipe pu bénéficier des renforts de poids de trois autres joueurs professionnels :

- Gilbert Gress (1er accroupi en partant de la gauche), qui jouait à l'époque au VFB Stuttgart,

- Raymond Stieber (deuxième debout en partant de la droite), le rugueux milieu de terrain du Racing,

- Enfin, l'avant-centre international allemand Horst Köppel (troisième accroupi en partant de la gauche), coéquipier de Gress à Stuttgart, et encore actuel entraineur du Borussia Mönchengladbach.

L'histoire ne nous dira pas (ni la mémoire défaillante de mon père...) si cette bien belle équipe remporta le match ce jour là. Ce qui est sûr par contre, c'est qu'elle attira jusqu'à Mutzig une foule nombreuse qui fit sans aucun doute le bonheur d'un petit restaurateur local...
Par boogie
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